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1993-2003 NANObio-filmo-graphie  ou "comment je suis tombé dans le tout-petit"

Au commencement, il y a une ville et il y a un ami. La ville c’est Grenoble où j’ai vécu pendant deux ans entre 1992 et 94 et où j’ai étudié la philosophie et plus spécifiquement l’épistémologie. L’ami c’est Nicolas, esthète et dandy, avec qui je partage la passion des textes censés nous ouvrir à la compréhension du monde. Fin 2003, un peu par hasard, je suis repassé par Grenoble et j’ai revu mon ami. C’est lui qui m’a parlé pour la première fois du nanomonde.

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Primum vivere et philosophare deinde cinematographire.

Initié très tôt, avec mon père et mes frères, à la pratique de l’image technique (photo, super 8, vidéo) ; aux maitres du genre, par une bibliothèque d’ouvrages de photographie et d’art conséquente ; à ceux du cinématographe par la fréquentation assidue des salles obscures. J’avais décidé, adolescent, que je m’exprimerai par ce médium : le cinéma.

Titulaire d’un Bac "cinéma", j’avais choisi de ne pas poursuivre des études dans ce domaine plus avant, de ne pas m’orienter vers la Fémis, par exemple, que je connaissais pour l’avoir côtoyée quelques temps. Déçu par un petit monde parisien qui se vouait, souvent sans vocation, au cinéma ; j’avais choisi de faire des détours par d’autres chemins et d’abord de quitter la capitale et d’étudier la philosophie.

Pendant ces deux années passées à Grenoble j’ai découvert les squats culturels, très dynamiques dans cette ville. Manière de conquérir des espaces autonomes de création artistique, sociale, culturelle et politique. J’ai participé à la naissance de "La Baraque" (aujourd’hui détruite, devenue une véritable légende urbaine) et je me suis initié au "cinéma expérimental" au 102 rue d’Alembert. Rapidement j’ai constaté que la "province" était plus conviviale et plus moderne sous bien des aspects que la capitale.

Au cours de mes recherches en marge de l’université, en autodidacte, je lisais à côté des classiques (Aristote, Kant, Nietzsche ou Heidegger), les textes de Jean-Pierre Dupuy, Henri Atlan, Francisco Varela, Isabelle Stengers, René Thom, etc. À cette époque j’ai entrevu, à travers des considérations sur la fameuse conférence de Richard Feynman « There is plenty of room at the bottom » et les notions d’autoorganisation, d’émergence, d’interdisciplinarité ce que pouvait être le programme nanotechnologique, qui existait déjà mais demeurait peu connu en France.

Après j’ai poursuivi une année mes études de philosophie à Strasbourg auprès des "derridiens", que j’aurais peu fréquenté malgré mon intérêt pour Heidegger. L’année suivante je me suis inscrit à l’EHESS sous la direction de Jean Petitot. La découverte des travaux de Jean Petitot, fascinants et complexes, a été le point culminant de mes recherches personnelles depuis mon entrée en philosophie dix ans auparavant. Ils auraient pu constituer un excellent point de départ si je m’étais voué à la recherche. Mais je cessai là ces détours. J’étais à nouveau à Paris.

J’entrepris un nouveau détour, sur le terrain social et politique. Je travaillai pendant une année avec des éducateurs dans un quartier de la petite-couronne parisienne ; le Bel-Air à Montreuil avec l’association Rues & Cités. Je rencontrai en peu de temps grâce à Nourredine, mon parrain à cette époque, un grand nombre de situations et d’acteurs sociaux, de l’est à l’ouest de la banlieue nord.

En 1996 j’emménageai au C.A.E.S (Centre Autonome d’Expérimentation Sociale), banlieue sud. L’un des plus grands et des plus ancien squat culturel. Expérience extra-ordinaire. Pendant quatre années j’y ai participé à l’organisation de concerts et de spectacles, programmé du cinéma expérimental et des documentaires inédits voire censurés (avec René Vautier, Pierre Carles, Camille de Vitry, Pierre Merejkovsky, etc), collaboré à des actions sociales et politiques avec diverses associations (Droit Au Logement, Droits-Devants, collectifs Sans-Papiers, Confédération Paysanne, Action Mondiale des Peuples, etc). Expérience libertaire d’auto-organisation. « Du physique au politique », comme l’a écrit Jean-Pierre Dupuy.

En 1999 le dernier acte politique du lieu, avant de se saborder (même s’il vivote encore parait-il) aura été sans conteste l’accueil de la Caravane Intercontinentale, à la fin du mois de mai. J’ai retrouvé des archives de cet événement par la magie d’internet (ici et . 400 paysans indiens venus manifester en Europe et dont une partie allait ensuite commettre avec René Riesel et quelques amis le fameux crime contre la CIRAD.

En 2000, après un long voyage en Inde, nait Louise, sept ans après son frère Camille, né à Grenoble.

En 2001, je me suis installé dans le Gard, en bordure des Cévennes, où j’ai retapé une ancienne magnanerie du sol au plafond pendant un peu plus de deux ans.

Pendant tout ce temps j’ai continué de nourrir mon désir de réaliser des films. Je n’ai cessé d’y réfléchir. De même je me suis familiarisé avec les outils numériques naissant pendant cette période, en réalisant des films courts, pour ou entre amis.

À l’automne 2003 je décide de passer à l’acte. Réaliser un long-métrage documentaire de création sur les questions qui me sont chères. Aussi, en décembre, lorsque Nicolas me parle pour la première fois des nanotechnologies je sais que je tiens mon sujet. L’occasion de donner du sens à mes tours et détours : lier épistémologie, politique et expression cinématographique.


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CONTACTS... Pour organiser une projection et/ou un débat, contacter l'association À Bout de Champ : aboutdechamp@gmail.com
Pour contacter le réalisateur : colinoscope@gmail.com

 



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